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Exercices sur les marqueurs de relation et les organisateurs textuels

 

 

Pour réaliser les exercices suivants, référez-vous au tableau 1 « Typologie des marqueurs de relation » de la capsule théorique. Cependant, rappelez-vous qu’un marqueur de relation peut être porteur de plusieurs sens et qu’il faut se méfier d’une association systématique d’un marqueur à une relation sémantique. De plus, deux marqueurs exprimant la même relation logique ne peuvent pas toujours être utilisés de façon aléatoire.

1. Indiquez le rapport sémantique exprimé par les mots en caractères gras dans les exemples suivants.

  1. Ce roman ne développe aucune idée originale; de plus, il est fort mal écrit!
  2. Ce film a été très mal reçu par la critique : il n’a donc pas eu la popularité attendue.
  3. Le FFM accueille chaque année de nombreuses vedettes. À l’occasion de sa dernière édition, il recevait notamment Robert de Niro et Gérard Depardieu.
  4. L’industrie aéronautique a encore connu une baisse importante ce dernier trimestre. Ainsi, l’impact des attentats du 11 septembre 2001 est bien loin d’être éliminé.
  5. Beaucoup de Nord-Américains souffrent d’obésité; ce n’est pas le cas de tous, bien sûr, mais ce fait demeure tout de même inquiétant.
  6. Les employés menacent de faire la grève puisque aucune négociation ne semble vouloir aboutir.
  7. Il avait compris avant que vous ne le lui disiez.
  8. Il a tellement exagéré l’incident qu’il a semé la panique.
  9. Il est strictement interdit de pénétrer dans cette enceinte; or, certains le font sans vergogne, c’est pourquoi ils sont expulsés.

2. Unissez les deux phrases de chacun des exemples suivants en ajoutant le ou les marqueurs de relation qui exprimeront clairement le lien sémantique demandé. Faites, s’il y a lieu, les modifications syntaxiques nécessaires.

  1. En matière de toxicomanie, il faut éduquer les jeunes. Il faut leur faire prendre conscience des dangers liés à la consommation. (explication)
  2. Il y serait arrivé sans votre aide. Cela aurait demandé plus de temps. (concession)
  3. Cette toile est un véritable ravissement. Elle est un peu sombre. (restriction)
  4. Sa rupture amoureuse l’a complètement anéanti. Il était trop dépendant de sa conjointe. (cause)
  5. Sa rupture amoureuse l’a complètement anéanti. Il était trop dépendant de sa conjointe. (conséquence)
  6. Sa paranoïa a atteint son paroxysme. Tous ses symptômes se manifestent avec un maximum d’intensité. (explication)
  7. Il est parfois déplaisant. Aujourd’hui, il s’est montré aimable. (opposition)
  8. Il a toujours travaillé fort. Il espérait réussir. (but)
  9. Ces étudiants ne se sont pas absentés une seule fois, ont été très ponctuels et ont fourni tous les efforts nécessaires. On ne peut rien leur demander de plus. (synthèse)
  10. Il parle toujours trop. Ses propos sont insipides. (ordre ou énumération)

3. Les énoncés suivants sont présentés dans le désordre. En vous aidant des liens sémantiques exprimés par les marqueurs de relation, reconstruisez un texte cohérent. Vous pouvez, si vous le jugez préférable, regrouper deux énoncés dans une même phrase.

4. Choisissez, parmi les rapports de sens de la liste suivante, celui qui convient à la relation logique exprimée par chacun des marqueurs en caractères gras dans l’extrait du texte « Honorer le beau ». Attention! la liste contient deux rapports de sens superflus.

 

Rapports de sens
  • Conclusion
  • Transition
  • Addition
  • Restriction
  • Illustration
  • Cause
  • Conséquence
  • Explication
  • Restriction
  • Condition
  • Conséquence
  • Illustration
  • Énumération
  • Temps

 

Honorer le beau*

Pourquoi sommes-nous tant fascinés par la beauté? Selon Marc Chabot, professeur de philosophie au Cégep François-Xavier-Garneau de Québec, les humains ont naturellement besoin de rechercher et de créer le beau, car (____________________) ils en retirent un sentiment apaisant et de vives émotions. Ainsi (____________________), la quête de la beauté nous aide à mieux vivre. Chacun possède sa propre définition de la beauté. Pour certains, elle se trouve dans la nature; pour d’autres (____________________), c’est l’art qui est la voie privilégiée d’expression du beau. [À la question : « Est-il possible d’obtenir une définition satisfaisante de la beauté? Si oui, comment? », Marc Chabot répond] : Il est certes possible d’en fournir une définition, mais (____________________) elle sera très large. Je ne crois pas qu’on puisse cerner de façon très précise une notion aussi complexe que la beauté. Il est plus facile de définir ce qu’est une chaise ou un crayon, par exemple (____________________). Il faut donc (____________________) reconnaître que toute tentative pour cerner la beauté donnera lieu à des interprétations multiples et renouvelables. Ainsi (____________________), le philosophe Martin Heidegger soutenait que le beau est « cet éternel inapparaissant qui apparaît toujours à travers le paraître le plus paraissant ». Ce qui veut dire (____________________) que la beauté ne se manifeste jamais entièrement, qu’elle n’est pas saisissable en totalité. Il est néanmoins (____________________) possible d’en percevoir des expressions toujours plus précises si (____________________) nous y portons attention. Ainsi (____________________), la beauté est une notion floue dont il est difficile de cerner les contours et (____________________) qui requiert un effort particulier pour en rendre compte.

_________
* « Honorer le beau » (2002), p. 16-28.

 

5. L’extrait que vous allez lire est la suite de l’entrevue intitulée « Honorer le beau ». Précisez la relation logique exprimée par chacun des mots ou locutions en caractères gras.

 

À preuve (____________________), lorsque (____________________) je demande à mes étudiants d’exprimer ce qu’est pour eux le beau, ils ont bien du mal à le faire. En effet (____________________) , si (____________________) nous avons tous une certaine idée de la beauté, nous sommes confrontés au mur du langage lorsque vient le moment de la verbaliser. Cette hésitation provient peut-être du fait que nous avons peur que quelque chose se perde au cours de ce processus d’expression. Craignons-nous que le mystère de la beauté s’évanouisse par le fait même? Je rappelle tout de même à mes étudiants que nous ne pouvons raisonnablement éviter de réfléchir et de nous exprimer si (____________________) nous voulons parvenir à définir un peu mieux ce qu’est la beauté. Je leur demande ainsi (____________________) d’apporter en classe un objet qu’ils trouvent beau et (____________________) de justifier devant les autres pourquoi ils lui accordent cet attribut.

 

6.1 Les marqueurs de relation ont été retirés de l’extrait suivant et regroupés dans la liste qui se trouve à gauche du texte. Redonnez au texte sa cohérence en plaçant chaque marqueur à l’endroit approprié. Attention, il y a deux marqueurs de relation superflus dans la liste!

 

Marqueurs de relation
  • Ainsi
  • Puis
  • Sur un autre plan
  • Car
  • De sorte que
  • Donc
  • Lorsque
  • Tout compte fait
  • Mais
  • D’où
  • Prenons un exemple
  • Cependant
  • Parce que

 

[…] nous ne pouvons nous confiner éternellement dans notre propre conception du beau, ______________ le beau est fait pour être partagé. La fonction de la beauté est _______ d’essayer de recueillir des consensus toujours plus larges par le partage et le débat.

______________ pour bien illustrer cet état de choses. Dans un musée, la façon dont les œuvres sont disposées sur les murs vise à capter le regard. L’objectif fondamental est de provoquer chez le visiteur un arrêt, découlant d’un choc entre lui et l’œuvre. _________, à partir de cette émotion de départ, il est possible pour ce dernier de pousser plus loin cette recherche de la beauté en poursuivant sa réflexion sur ce qui l’a touché. Expliquer pour le visiteur ce qui l’a ému dans une œuvre est _______________ un exercice difficile. _____________ la nécessité et le besoin pour lui de débattre et d’échanger par la suite sur le sujet.

______________, la même chose peut se produire ____________ nous assistons à un concert. À la fin d’une chanson ou d’une pièce, les gens se lèvent pour applaudir, ______________ tous ne le font pas toujours pour les mêmes raisons que nous, ________ nous ne sommes pas spontanément touchés par les mêmes choses.

____________ il n’est pas exagéré de dire que les débats sur le beau peuvent, jusqu’à un certain point, se comparer à ceux sur le sens de la vie ou sur l’existence de Dieu. Ce sont tous des débats infinis.

 

6.2 Parmi les marqueurs de relation que vous avez replacés dans l’extrait précédent, lesquels jouent le rôle d’organisateurs textuels et quels types de transitions marquent-ils?

7. Relevez, dans la 2e partie du texte explicatif suivant (le second encadré), les mots ou expressions qui occupent la fonction d’organisateurs textuels et, en vous aidant de leur présence, divisez cette partie en quatre paragraphes distincts.

 

L’impérialisme*

L’impérialisme européen représente, en ce début du 20e siècle, la troisième caractéristique de la société occidentale. La constitution d’empires coloniaux, de tailles diverses, va susciter des convoitises et donner naissance à d’âpres rivalités. Avant d’aller plus loin, qu’est-ce au juste que l’impérialisme?

 

Il n’y a pas de définition unique dans la mesure où le concept d’impérialisme peut recouvrir plusieurs sens et s’appliquer à cerner des réalités diverses. Le mot recouvre généralement deux sens : l’un politique et l’autre polémiste. Au sens politique, le mot sert à désigner « le phénomène d’appropriation du monde par la forme privilégiée d’empires1 » et s’applique ainsi à « toute extension d’influence politique, économique ou culturelle hors des frontières nationales2 ». Les empires se reconnaissent à quatre traits distinctifs : leur ampleur territoriale; la cohabitation de plusieurs groupes humains (nations, peuples ou États) d’ethnie ou de culture différentes; des structures administratives qui font dépendre ces éléments d’un même pouvoir central; une idéologie, réelle ou officiellement proclamée de potentielle universalité3. Au sens polémiste, l’impérialisme est présenté en termes de sujétion et d’exploitation. C’est Hobson qui, en 1902, dans Imperialism. A study, introduit ces éléments. Pour lui, l’impérialisme « impliquerait la domination d’une petite minorité sur une majorité de peuples étrangers et sujets sous le contrôle despotique de la métropole4 ». En 1916, Lénine systématisera cette définition. Il voit dans l’impérialisme le stade suprême du capitalisme dans son besoin de marchés nouveaux5. […] Quant à la colonisation, il faut comprendre qu’elle ne représente qu’un des aspects de l’impérialisme, qu’un morceau du « puzzle » en quelque sorte. Mais c’est un morceau important. La colonisation, c’est le fait de peupler de colons, « de transformer en colonie6 ». C’est le sens premier. Il y a aussi un sens second qui, lui, nous rapproche de certains éléments explicatifs de l’impérialisme en ce sens que la colonisation c’est aussi « la mise en valeur, l’exploitation des pays devenus colonies7 ».

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1. C. COQUERY-VIDROVITCH. Sous le vocable « Impérialisme », dans Dictionnaire des sciences historiques, Paris, P.U.F., 1986, p. 351.
2. Jean-Louis MIÈGE. Expansion européenne et décolonisation de 1870 à nos jours, Paris, P.U.F., 1973, p. 347.
3. Ibid., p. 347 et 348.
4. C. COQUERY-VIDROVITCH. Op. cit., 1986, p. 351.
5. Jean-Louis MIÈGE. Op. cit., 1973, p. 350.
6. Petit Robert 1, dictionnaire de la langue française, Paris, Le Robert, 1967, p. 338.
7. Ibid., p. 338.

 

* Cégep@distance du Collège de Rosemont (1995), p. 27-28.

 

 

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