Boite à outils

 

Multidictionnaire de la langue française

 

Exercices autodidactes : Pour mieux rédiger ses travaux avec Le Petit Robert et le Multidictionnaire

Atelier Web

 

Le Multidictionnaire de la langue française est un dictionnaire de difficultés qui, grâce à son contenu des plus riches et des plus originaux et au parti pris de son auteure envers une approche globale de l’usage, permet de régler rapidement des problèmes de langue et de rédaction qui ne sont pas de l’ordre de ceux que l’on peut résoudre avec un dictionnaire de langue, comme Le nouveau petit Robert. Nous estimons, à ce titre, qu’il doit faire partie de la boîte à outils de tout étudiant appelé à rédiger souvent des textes.

Nous présenterons cet ouvrage en décrivant d’abord la classe de dictionnaires à laquelle il appartient, c’est-à-dire les dictionnaires de difficultés. Puis nous raconterons en deux mots la genèse du Multi, l’histoire de ses rééditions. Nous décrirons enfin son contenu, ses articles et ses tableaux. Nous mettrons en valeur les nombreuses particularités de l’ouvrage, c’est-à-dire les formes fautives, les notes linguistiques, typographiques, sémantiques, syntaxiques, les tableaux, etc., si utiles pour toute personne aux prises avec des problèmes de langue et de rédaction. Pour finir, nous soulignerons les caractéristiques du cédérom du Multi.

Tout au long de notre exposé, nous démontrerons également comment, dès la première édition, puis davantage au fil des rééditions, le Multi prend ses distances par rapport au dictionnaire de difficultés classique et fonde, à lui seul, un nouveau genre de dictionnaires, le dictionnaire global de l’usage.

1 Dictionnaire de difficultés

Le dictionnaire de difficultés joue un rôle essentiel auprès des usagers de la langue française.

1.1 Description du contenu du dictionnaire de difficultés

Contrairement aux dictionnaires de langue (comme Le nouveau petit Robert) ou aux dictionnaires encyclopédiques (comme Le petit Larousse illustré), qui recensent la plupart des mots de la langue standard et qui en donnent des définitions complètes, le dictionnaire de difficultés se limite à traiter des mots qui posent problème. On n’y trouve donc pas tous les mots de la langue.

De plus, dans son traitement des mots qui posent problème, le dictionnaire de difficultés n’aborde que la difficulté, sans décrire le mot au moyen de définitions, à moins que cela ne soit pertinent pour la compréhension de la difficulté. Les plus connus du genre sont ceux que l’on nomme couramment le Thomas, le Hanse, le Girodet, le Colin, du nom de leur auteur. Le destinataire premier du dictionnaire de difficultés est le rédacteur pressé.

1.2 Dictionnaires de difficultés et grammaires

Très utile, le dictionnaire de difficultés complète le dictionnaire de langue et s’utilise de concert avec lui. S’il cherchait à remplacer un type d’ouvrage, ce serait plutôt les grammaires. Ainsi, si l’on se pose une question au sujet de l’accord de tel, on peut consulter un dictionnaire de difficultés directement au mot tel. On y trouve présentée la réponse au problème que suscite ce mot. Si l’on consulte une grammaire qui n’est pas pourvue d’un index détaillé, ce qui est bien souvent le cas, il faut d’abord se demander à quelle catégorie grammaticale appartient le mot tel, puis chercher dans la table des matières le ou les chapitres concernant cette notion et lire les pages qui y sont consacrées. Pour la personne bousculée par l’échéance d’un texte à remettre, cette recherche est souvent trop fastidieuse.

Les grammaires sont davantage conçues pour l’enseignement systématique de la langue; les dictionnaires de difficultés, pour les usagers pressés qui sont en situation d’écriture et qui n’ont besoin que d’un simple rappel de la règle concernant le mot au sujet duquel ils se posent des questions.

1.3 Choix des difficultés

Dans le choix des difficultés dont ils traitent, les dictionnaires de difficultés classiques se limitent surtout aux difficultés qui portent sur l’orthographe, la grammaire, le vocabulaire et la syntaxe. Dès sa première édition, le Multi allait innover dans le choix et surtout l’étendue des difficultés traitées.

2 Petite histoire du Multi

Responsable de la terminologie de la gestion à l’Office de la langue française (OQLF) du Québec de 1970 à 1980, l’auteure du Multidictionnaire de la langue française, Marie-Éva de Villers, a constaté à de nombreuses reprises que ses collègues du Service des consultations linguistiques devaient avoir recours à un grand nombre d’ouvrages différents pour répondre aux 100 000 questions que posaient annuellement les usagers du service et que bon nombre de réponses ne figuraient pas dans les ouvrages de langue les plus courants.

Outre les demandes terminologiques qui nécessitaient un traitement précis, les questions concernant la langue générale portaient tant sur l’équivalent français du nom anglais fixture, employé fréquemment au sens d’appareil d’éclairage, que sur les majuscules dans l’expression fête des Mères, sur l’emploi de l’italique dans ipso facto, sur le pluriel du complément dans le terme secteur d’activité, sur la place du point cardinal dans les odonymes (55, rue Laurier Ouest ou *55 Ouest, rue Laurier?), etc.

2.1 1988 : la première édition du Multi

La grande variété des questions des usagers et le nombre important d’ouvrages à consulter pour y répondre ont donné à Marie-Éva de Villers l’idée de concevoir un ouvrage accessible et de prix abordable qui répondrait à la majorité de ces questions. « Répertorier et intégrer dans un seul ordre alphabétique l’ensemble des difficultés linguistiques des usagers du français au Québec et partout dans le monde : voilà l’objet de ce dictionnaire destiné à ceux qui ont des choix rapides à faire et qui recherchent prioritairement la qualité de la langue et l’efficacité de la communication. » (De Villers, 1988, p. xv.)

En 1988 est parue la première édition de cet ouvrage sous le titre de Multidictionnaire des difficultés de la langue française. Outre les articles, le dictionnaire contenait 120 tableaux grammaticaux et typographiques. Son succès a été rapide, le Multi ayant immédiatement été adopté par les professionnels de la langue, le personnel administratif des bureaux, les étudiants, etc.

Riche d’un nombre impressionnant de renseignements faciles à trouver grâce à l’ordre alphabétique unique, le Multi de 1988 est un dictionnaire de difficultés ayant fait éclater les frontières du genre qu’est le dictionnaire de difficultés. Jean-Claude Corbeil, préfacier de la première édition de l’ouvrage (et des éditions subséquentes), indiquait cela dès les premières pages de l’ouvrage : « Nous avons donc élargi la notion même de difficultés de la langue française. Nous ne nous sommes pas restreints aux seules questions grammaticales et nous traitons aussi bien du vocabulaire que des anglicismes, des canadianismes, de l’orthographe, de l’usage des majuscules, de la présentation typographique d’un texte. » (1988, p. xii.)

2.2 Innovations du Multi

Le Multi a innové par rapport aux dictionnaires de difficultés classiques en ce sens qu’il a élargi la notion de difficultés pour englober les dix types de difficultés décrits sur la quatrième de couverture (la couverture arrière d’un livre) de la première édition. On peut y lire la présentation suivante :

Dix dictionnaires en un!

  1. Dictionnaire orthographique.
  2. Dictionnaire grammatical.
  3. Dictionnaire de distinctions sémantiques.
  4. Dictionnaire des anglicismes.
  5. Dictionnaire des canadianismes.
  6. Dictionnaire typographique.
  7. Dictionnaire des conjugaisons.
  8. Dictionnaire de prononciation.
  9. Dictionnaire d’abréviations.
  10. Guide de correspondance.

Toute question que se pose un usager de la langue mérite une réponse, tel était le postulat de départ de l’auteure.

L’ouvrage comporte aussi plus de mots qu’un dictionnaire de difficultés traditionnel. « À l’inverse des ouvrages classiques portant sur les difficultés du français qui ne traitent que des mots problématiques, la nomenclature du Multidictionnaire est constituée de la plupart des mots courants du français contemporain, à l’exception des termes très techniques ou scientifiques. » (De Villers, 1988, p. xv.) Les 25 000 mots de la première édition du Multi ne comportent pas tous une définition et, en cela, le Multi est conforme au genre, mais les définitions sont plus fréquentes que dans les autres dictionnaires de difficultés.

2.3 Une innovation particulièrement intéressante : les formes fautives

Consigner le français tel qu’il se parle par tous ses usagers (dictionnaire descriptif) ou refléter la norme du français souhaitée par les locuteurs cultivés de la langue (dictionnaire normatif), tel est le choix devant lequel sont placés les lexicographes, qu’ils soient auteurs de dictionnaires de langue, de dictionnaires de difficultés ou de dictionnaires d’autres sortes. Ce choix est toujours clairement expliqué dans les préfaces, introductions, avant-propos, etc., qui se trouvent en début d’ouvrage.

Le choix de l’auteure du Multi est clair : son ouvrage est normatif, c’est-à-dire qu’il décrit la langue souhaitée par les locuteurs cultivés du Québec, selon les descriptions qui en sont faites dans les grammaires et les dictionnaires. « En matière de langue, nous nous sommes alignés sur la norme du français international, telle qu’elle est décrite dans les grammaires et les grands dictionnaires. » (Corbeil, 1988, p. xii.)

Ce choix clair permet à l’auteure de trancher, de dire que telle expression, tel mot sont incorrects selon le bon usage et d’indiquer les formes fautives directement dans l’ordre alphabétique, en les faisant précéder d’un astérisque (*), et de citer les formes correctes correspondantes.

Ainsi, l’usager qui se demande dans quel contexte il peut employer l’expression *compliments de la saison constatera, à la consultation du Multi, que cette expression, qui figure directement dans l’ordre alphabétique, est un calque de l’anglais compliments of the season. En français, on dit plutôt Meilleurs vœux ou joyeuses fêtes. Informé au sujet des règles d’emploi du terme qu’il veut utiliser, l’usager peut désormais décider « en connaissance de cause », selon l’expression de Jean-Claude Corbeil, s’il souhaite s’écarter du bon usage ou, au contraire, s’y conformer. De nombreuses formes fautives sont également signalées dans les articles, comme c’est le cas du verbe émettre.

 

ÉMETTRE v. tr., intr.

VERBE TRANSITIF

1. Produire. Émettre un son, des signaux lumineux.

2. Exprimer. Elle a émis l’opinion que l’offre devait être acceptée. Ils émettront une hypothèse. SYN. avancer; formuler.

3. Mettre en circulation. Émettre des billets de banque, des actions. Elle a émis un chèque à l’ordre de l’Université de Montréal.

Note. Attention à la construction du verbe avec un complément d’objet secondaire; celui-ci ne peut être introduit par la simple préposition à. On écrira plutôt : ils ont émis un chèque à l’ordre de..., au profit de... (et non émettre un chèque *à quelqu’un).

VERBE INTRANSITIF

Diffuser des sons, des images. Cette chaîne de télévision émet à partir de 8 heures tous les jours.

FORMES FAUTIVES

*émettre un communiqué, un document. Anglicisme pour publier, diffuser un communiqué, publier un document.

*émettre une décision. (juridique)  Anglicisme pour rendre une décision.

*émettre un mandat. (juridique) Anglicisme pour lancer un mandat.

*émettre un ordre. Anglicisme pour donner un ordre.

*émettre un passeport, un permis. Anglicisme pour délivrer un passeport, un permis.

*émettre un reçu. Anglicisme pour remettre, donner ou délivrer un reçu.

*émettre un rapport. Anglicisme pour produire un rapport.

*émettre un verdict. Anglicisme pour prononcer, rendre un verdict.

[…]

Cette innovation – l’indication des formes fautives dans l’ordre alphabétique et le renvoi aux formes correctes – rend le Multi particulièrement bien adapté au contexte linguistique du Québec, car les formes fautives et les difficultés répertoriées, en particulier les anglicismes, calques et faux amis, sont celles des usagers d’ici, en tout premier lieu.

2.4 1997 : le dictionnaire global de l’usage

En 1992, l’auteure a fait paraître une deuxième édition de l’ouvrage, enrichie, sous le même titre. En 1997, une troisième édition, au titre légèrement différent, Multidictionnaire de la langue française, a été publiée. Elle était considérablement enrichie par rapport à la précédente, même si l’auteure laissait tomber, de la deuxième à la troisième édition, le mot difficultés. Cette suppression dans le titre signalait, en fait, un très grand enrichissement de contenu car, de 1988 à 1997, en très peu de temps donc, le Multi est passé de dictionnaire de difficultés à dictionnaire tout court!

Que suppose ce changement de titre pour l’usager? Bien que ne remplaçant pas le dictionnaire de langue, le Multi n’est plus un simple dictionnaire de difficultés. Le Multidictionnaire de la langue française est un dictionnaire global de l’usage. Il contient toujours les dix dictionnaires de difficultés en un que comportait la première édition, mais, en plus, toutes les entrées sont définies. Selon son auteure, le Multi « poursuit l’objectif initial : constituer un mode d’emploi complet et actuel de la langue française sous toutes ses facettes, fournir les indications les plus pertinentes sur l’usage, neutraliser les frontières entre les diverses questions linguistiques. » (De Villers, 1997, p. xiii.)

Voyons comment le Multi, grâce aux renseignements qu’il contient, permet de régler les difficultés de langue et de rédaction des usagers.

3 Un contenu riche, original et innovateur

On trouve dans le Multi des articles comportant des définitions, des exemples et des locutions, comme dans tout dictionnaire, mais aussi des notes grammaticales, sémantiques, orthographiques, phonétiques et typographiques sur les difficultés qu’engendrent de très nombreux mots. À cela s’ajoutent une grammaire complète en tableaux, des renseignements sur les québécismes conformes au bon usage et sur les titres féminins de fonction, de profession et de métier ayant cours au Québec, un guide de correspondance, etc., le tout intégré directement dans l’ordre alphabétique. Passons en revue ces divers aspects de l’ouvrage.

3.1 Articles

« De nombreux élèves *ont échoué leur examen de français. »

Combien de fois lit-on des phrases pareilles dans les journaux? Pourtant, une consultation rapide du Multi à l’article échouer aurait permis au rédacteur de cette phrase de corriger cette faute de syntaxe fréquente.

 

ÉCHOUER v. tr., intr., pronom.

VERBE TRANSITIF

Pousser un bateau sur un haut-fond. Les enfants ont échoué la barque sur la plage.

VERBE INTRANSITIF

1. Toucher accidentellement le fond, en parlant d’un bateau, d’un mammifère marin, d’un poisson. Le voilier a échoué sur des battures.

2. Être poussé sur le rivage, en parlant d’un mammifère marin, d’un poisson. Une baleine échouée sur la plage.

3. Ne pas réussir. Il a échoué à un examen. SYN. rater.

Note sur la construction. Attention à la construction du verbe qui exige l’emploi de la préposition à. Il a échoué à l’examen (et non il a *échoué l’examen).

4. Ne pas aboutir. Les tentatives ont échoué. SYN. avorter; faire fiasco.

VERBE PRONOMINAL

Toucher le fond et être immobilisé. Ces voiliers se sont échoués près de la côte.

Note. À la forme pronominale, le participe passé s’accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet.

CONJUGAISON [VOIR MODÈLE – AIMER].

3.1.1 Notes

En effet, le verbe échouer, au sens de « ne pas réussir », se construit avec la préposition à, comme le signale la note sur la construction qui suit la définition du verbe à ce sens. De la même façon, on apprend, grâce à la note qui suit la définition du verbe échouer à la forme pronominale, qu’à cette forme « le participe passé s’accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet ». Ces notes, intégrées aux articles et illustrées à l’aide d’icônes dont on trouve la signification dans les pages liminaires de l’ouvrage, disent explicitement ce que l’on a généralement à déduire à partir des exemples fournis dans les dictionnaires de langue classiques. Les définitions du Multi, tout en étant complètes, sont plus brèves que celles du NPR, et les exemples sont moins nombreux. L’espace ainsi économisé est mis à profit pour donner des renseignements d’autres ordres sur les mots.

3.1.2 Modèles de conjugaison

Le renvoi à un modèle de conjugaison pour chacun des verbes définis dans la nomenclature constitue un des enrichissements de la troisième édition du Multi. À la fin de l’article sur le verbe échouer, on renvoie au modèle de conjugaison du verbe aimer. Le verbe échouer se conjuguant comme ce dernier, une indication entre crochets dirige le lecteur vers le verbe aimer, dont la conjugaison complète figure dans le dictionnaire. Cependant, au lieu d’être en fin de volume, les modèles de conjugaison sont intégrés, comme tous les renseignements contenus dans le Multi, dans l’ordre alphabétique unique. Le modèle de conjugaison du verbe aimer se trouve donc à quelques lignes de l’article qui porte sur le mot aimer.

3.1.3 Synonymes et antonymes

On remarquera aussi les synonymes et les antonymes énumérés à la suite de la définition et de l’exemple, quand c’est pertinent. Par exemple, dans l’article échouer, seuls les sens 3 et 4 du verbe comportent des synonymes.

3.1.4 Locutions et « ne pas confondre »

Parmi les autres richesses contenues dans les articles du Multi, il y a les renseignements portant sur les distinctions de sens (les très précieux « Ne pas confondre ») et les locutions.

 

PENDULE n. m. et f.

NOM MASCULIN

Balancier. Le pendule d’une horloge.

Note. Attention au genre masculin de ce nom en ce sens : un pendule.

NOM FÉMININ

Appareil de petite dimension qui indique l’heure. Maman a placé une jolie pendule (et non *horloge) sur la cheminée.

Note. Attention au genre féminin de ce nom en ce sens : une pendule.

LOCUTION

Remettre les pendules à l’heure. (figuré) Faire le point, rétablir la vérité.

Note. Ne pas confondre avec les noms suivants :

- coucou, appareil qui indique l’heure et dont la sonnerie imite le chant du coucou;

- horloge, appareil de grande dimension servant à mesurer le temps et à indiquer l’heure;

- réveille-matin ou réveil, appareil qui indique l’heure et qui peut sonner à une heure déterminée à l’avance.

Les distinctions de sens, ou distinctions sémantiques, portent sur des mots que l’on a tendance à confondre, tels que les termes pendule, horloge, coucou et réveil de l’article pendule.

Les locutions sont utiles pour trouver les termes exacts des expressions que l’on veut utiliser. Elles sont énumérées en ordre alphabétique à la fin de l’article du mot principal qui les constitue. Dans l’article cité ci-dessus, le mot pendule constitue le mot principal de la locution « Remettre les pendules à l’heure ». On trouve donc cette expression dans cet article.

3.1.5 Homonymes

 

CHER, CHÈRE adj. et adv.

[…]

HOM.

- chair, soit le corps, soit de la viande;

- chaire, tribune;

- chère, mets, nourriture.

Quant aux homonymes (hom.), signalés en fin d’article également, ils permettent à l’usager de bien distinguer entre les différents mots qui se prononcent de la même manière et de s’assurer qu’il choisit le bon.

3.1.6 Notes particulières sur les prononciations

Dans un dictionnaire de langue, la prononciation de chaque mot est donnée en alphabet phonétique international (API). Tous les mots faisant ainsi l’objet d’une description phonétique, aucun signe particulier n’attire l’attention sur les prononciations difficiles ou inattendues. Dans le Multi, tous les mots ne comportent pas une transcription phonétique en API, mais, dans les articles portant sur des mots qui risquent d’être mal prononcés, l’auteure attire l’attention du lecteur à l’aide d’un pictogramme représentant des lèvres et d’une explication.

 

CANTALOUP n. m.

Prononciation. Le p ne se prononce pas, [kãtalu]; le mot rime avec loup.

Melon à chair orange foncé. Des cantaloups juteux.

Note. Attention au genre masculin de ce nom : un cantaloup.

Orthographe. cantaloup.

Par exemple, le nom cantaloup, fréquemment prononcé à l’anglaise avec un sonore, doit, au contraire, se prononcer avec un p silencieux, comme le nom loup. De plus, il est de genre masculin. Encore une fois, grâce aux notes, le lecteur est averti de ces difficultés. Il n’a pas à les déduire lui-même.

3.2 Québécismes et féminins

L’histoire, la vie quotidienne, le climat, la flore, la faune, les institutions politiques, juridiques, économiques, etc., ne sont pas les mêmes dans tous les pays de la francophonie. Ces facteurs modèlent la vie de chaque région et laissent leurs marques sur la langue, d’où l’apparition, pour décrire les réalités propres à chaque coin de la francophonie, de régionalismes.

Au Québec, les mots nécessaires pour désigner les réalités qui nous caractérisent sont des québécismes, c’est-à-dire des mots, des expressions ou des sens propres au français tel qu’il se parle ici. Les québécismes peuvent être de niveau courant, familier ou littéraire, par exemple coroner (courant), lave-auto (courant), ouananiche (courant), achaler (familier), tanné (familier), pleuvoir à boire debout (courant), fin (dans le sens de « gentil », familier), dispendieux (littéraire), etc.

Le Multi recense bon nombre des québécismes nécessaires à la description des réalités proprement québécoises. Il distingue, dans son traitement des mots, entre les mots désignant une réalité régionale, qui ne sont pas marqués du tout, et les mots régionaux, dont les articles comportent l’icône de la fleur de lis.

3.2.1 Réalités régionales

Certains mots du français québécois désignant des réalités québécoises sont utilisés de la même façon ailleurs dans la francophonie pour désigner les mêmes réalités, par exemple les noms motoneige, coroner, acériculture. Dans le Multi, ces mots ne sont pas marqués, c’est-à-dire qu’ils ne sont donc pas précédés de l’icône de la fleur de lis, même s’ils sont des québécismes. Ils sont intégrés dans la nomenclature sans comporter de marque d’usage de lieu, parce qu’ils sont largement répandus dans l’usage hors Québec.

3.2.2 Mots régionaux

Dans le Multidictionnaire, l’icône de la fleur de lis marque les québécismes de bon aloi, c’est-à-dire les mots, les expressions ou les sens propres au bon usage québécois, mais qui désignent des réalités nommées autrement dans le reste de la francophonie. Par exemple au Québec, on appelle un tableau d’affichage un babillard. Le nom babillard sera donc précédé, dans la nomenclature du Multi, de l’icône de la fleur de lis (). Dans le reste de la francophonie, on utilise plutôt le terme tableau d’affichage.

« Le registraire et la professeure ont reçu les documents concernant les cégépiens et le décrochage. »

La phrase citée ci-dessus contient trois mots régionaux, car le monde de l’éducation québécois comporte, comme tous les autres secteurs d’activité de la vie québécoise, des réalités qui lui sont propres. Les québécismes sont les mots registraire, cégépiens et décrochage.

Le nom registraire est la francisation orthographique du terme anglais « registrar », titre de fonction propre à l’Amérique du Nord et qui n’a pas d’équivalent en français.

 

REGISTRAIRE n. m. et f.

Personne qui, dans un établissement d’enseignement, est chargée principalement de l’inscription, de l’admission et de la gestion des dossiers des étudiants.

Note. Cette désignation de fonction est inspirée de l’anglais « registrar »; cependant nous ne lui connaissons pas d’équivalent français et elle est la seule usitée au Québec.

Le nom cégépien, cégépienne est dérivé de l’acronyme cégep qui a fait l’objet d’une recommandation officielle de l’OQLF pour nommer un collège d’enseignement général et professionnel.

 

CÉGÉPIEN, IENNE adj. et n. m. et f.

NOM MASCULIN ET FÉMININ

Jeune ou adulte qui poursuit des études, à temps plein ou partiel, dans un cégep. (Recomm. off. OQLF)

ADJECTIF

Qui est propre au cégep et aux élèves qui le fréquentent. (Recomm. off. OQLF)

Note. Ce terme est dérivé de l’acronyme cégep.

Le nom décrochage existait déjà en français au sens de « Action de décrocher; son résultat », mais il a été enrichi d’un nouveau sens. Dans le cas de décrochage, tout comme dans le cas de dépanneur, polyvalente, piger, creux, etc., le québécisme ne porte que sur un sens du mot.

 

DÉCROCHAGE n. m.

1. Action de décrocher; son résultat. Le décrochage d’un tableau.

2. Interruption de la fréquentation de l’école. Il faut réduire le décrochage scolaire. SYN. abandon des études.

3.2.3 Féminins avant-gardistes

L’emploi du nom féminin professeure est, pour le moment, propre au Québec, sans être un québécisme. En effet, le Québec se distingue du reste de la francophonie par la féminisation des titres de profession, de métier et de fonction qu’on y pratique. À la suite d’un avis de recommandation officielle de la Commission de terminologie de l’OQLF publié en 1979, cette féminisation s’est d’abord manifestée dans les textes de l’Administration et dans les conventions collectives, puis dans les journaux avant d’être adoptée par la société en général.

Cet avant-gardisme se reflète dans le Multi qui présente systématiquement une forme féminine en toutes lettres pour tous les noms de métier, de profession et de fonction qui s’y trouvent, lorsque l’usage du féminin est attesté. Un tableau intitulé « Féminisation des titres » offre une liste de tous les noms de métier, de profession et de fonction masculins et féminins de l’ouvrage.

3.3 Une grammaire en tableaux

« Tel un mécène, ce maire des plus prodigues a accordé un budget de 1,5 million de dollars. »

Les difficultés de cette phrase ont pu être surmontées grâce à la grammaire en tableaux du Multi. Le cadre un peu rigide de l’article de dictionnaire traditionnel limitant la longueur et la nature des explications que l’on peut donner sur un sujet, l’auteure du Multi a eu l’idée d’intercaler dans l’ordre alphabétique des tableaux et des encadrés très synthétiques portant sur diverses notions linguistiques. Certains abordent les difficultés de façon originale et inusitée, par exemple les tableaux « Tout », « Multiples et sous-multiples décimaux », « Arabe (emprunts à l’arabe) », « Anomalies orthographiques », etc. D’autres tableaux traitent les sujets de façon plus traditionnelle, comme dans une grammaire. Ils ont pour titres : « Adjectif », « Article », « Préposition », etc.

Voyons comment la consultation des tableaux et encadrés du Multi permet de régler les nombreux problèmes de la phrase en gras qui précède.

À la lecture du tableau « Tel », le rédacteur de la phrase en caractères gras ci-dessus tombera rapidement sur l’information suivante : « L’adjectif s’accorde avec le nom qui suit et qui exprime la comparaison. » Il pourra ainsi régler son premier problème, l’accord de tel qui, dans cette phrase, s’accorde avec le nom mécène, masculin singulier.

L’utilisation de la locution des plus entraînera chez lui un doute au sujet de l’accord de l’adjectif prodigue qui suit. La consultation du tableau « Plus » lui permettra de constater que l’adjectif ou le participe « qui suit des plus se met au pluriel et s’accorde en genre avec le sujet qui est déterminé ». L’adjectif prodigue prend donc la marque du pluriel.

Le participe passé accordé, conjugué avec l’auxiliaire avoir, reste invariable, car le complément direct suit le verbe. L’examen du tableau « Participe passé », et surtout des exemples qui l’illustrent, l’amènera à cette conclusion.

La dernière expression, « 1,5 million de dollars », renferme à elle seule de nombreuses difficultés. Faut-il écrire le nombre tout en chiffres, tout en lettres ou en chiffres et en lettres? Emploie-t-on le point ou la virgule pour séparer les décimales des unités? Le terme million prend-il la marque du pluriel? On trouvera une réponse à la première question dans le tableau « Mille, million, milliard », dans la section « Écriture des sommes d’argent ». La deuxième question se résout en consultant la nomenclature à l’article décimale. Quant à la dernière question, on y trouve également réponse dans le tableau « Mille, million, milliard ». On y apprend qu’en français la « marque du pluriel ne s’inscrit qu’à compter de deux unités ».

Bien qu’il constitue un ouvrage de référence essentiel, le dictionnaire de langue ne permet pas de trouver aussi rapidement et aussi directement les réponses que l’on cherche.

3.4 Un guide de correspondance

« Je vous prie de recevoir, Madame la Ministre, l’assurance de ma très haute considération. »

Les formules de salutation avec lesquelles on termine une lettre sont une source d’erreurs pour bon nombre de gens. On connaît mal les formules consacrées, on confond les trois parties de la salutation, on hésite sur l’emploi des majuscules, etc. Et que dire de l’écriture de l’adresse dans la lettre et sur l’enveloppe! L’ignorance de tous ces détails empêche bien des personnes de se concentrer sur l’essentiel quand elles rédigent une lettre, c’est-à-dire le message à transmettre et la réaction qu’elles souhaitent susciter de la part du destinataire.

Les tableaux « Adresse », « Correspondance », « Enveloppe » et « Lettre type » du Multi offrent des réponses rapides et, surtout, des modèles à l’apprenti épistolier.

3.4.1 Curriculum vitæ

L’étudiant en quête d’un emploi consultera avec profit le tableau « Curriculum vitæ ». Les trois modèles de curriculum vitæ ainsi que les explications très concises sur les qualités recherchées d’un tel document font de ce tableau un outil très efficace pour la recherche d’emploi. 

4 Caractéristiques du cédérom du Multi

Le cédérom du Multidictionnaire de la langue française a paru à l’automne 2001. Il reprend intégralement le contenu du dictionnaire de 1997, mais il contient des nouveautés liées aux possibilités qu’offre la technologie numérique, telles que l’image, le son, l’impression, la fonction d’hyperappel et l’accès facile aux articles et aux tableaux grâce aux formes fléchies.

4.1 Image

Mille illustrations en couleurs viennent agrémenter certains articles portant sur des objets concrets, comme les fruits, les légumes, les meubles, etc. Les images numérisées comportent des indications détaillant certains aspects des objets illustrés et confèrent ainsi une saveur encyclopédique au contenu du Multi.

4.2 Son

Gérard Poirier, comédien bien connu, a enregistré les 2 000 prononciations sonorisées du Multi. On peut donc savoir comment prononcer, selon le bon usage québécois, les mots agenda, ours, cantaloup et plusieurs autres.

4.3 Impression

Les excellentes synthèses des 120 tableaux grammaticaux, étymologiques, typographiques, etc., sont les mêmes que dans la version papier, mais on peut les imprimer très facilement à partir du cédérom et les conserver à part.

4.4 Fonction d’hyperappel et formes fléchies

La fonction d’hyperappel est, comme pour le NPR en version électronique, un des atouts majeurs du Multidictionnaire électronique. En suivant les indications du fabricant, on peut appeler le cédérom du Multi à partir de Microsoft Word, sans en sortir. On peut même appeler un article sur un mot à partir d’une des formes fléchies de ce mot. Une forme fléchie est une variation que subit la forme d’un mot quand il est employé dans la phrase. Par exemple, le nom pluriel chevaux est une forme fléchie du nom cheval. Grâce à la magie de l’électronique, même en écrivant une forme fléchie comme chevaux dans son texte, on accède directement à l’article cheval du dictionnaire. Les formes fléchies sont au nombre de 450 000 dans le cédérom du Multi.

4.5 Modèles de conjugaison complets

L’accès aux articles au moyen des formes fléchies est particulièrement utile en ce qui concerne les verbes. Si l’on écrit la phrase suivante, « cette triste situation émut ses collègues », et que l’on hésite sur l’orthographe du mot émut, on place son curseur dans ce verbe et, avec le bouton droit de la souris, on sélectionne Multidictionnaire dans le menu contextuel qui s’affiche. Le dictionnaire s’ouvre directement à l’article émouvoir. D’un clic de souris sur l’icône de la conjugaison, on fait apparaître la conjugaison complète de ce verbe et on règle son problème.

Le multimédia éliminant presque la contrainte d’espace, on peut inclure dans la nomenclature les formes fléchies des mots, ce qui facilite l’accès aux renseignements contenus dans les articles et les tableaux. Cet espace illimité du cédérom permet aussi d’inclure la conjugaison complète de 4 500 verbes.

Conclusion

Le Multidictionnaire de la langue française est un dictionnaire global de l’usage qui répond à l’ensemble des questions que l’on se pose lorsqu’on écrit. Cependant, les définitions succinctes et les exemples brefs obligent le rédacteur à l’utiliser de concert avec un dictionnaire de langue, comme le NPR. Conçu pour répondre aux interrogations des usagers de l’ensemble de la francophonie, le Multi est alimenté surtout par les questions que se posent les Québécois en matière de langue, tant ceux du milieu du travail que ceux du monde de l’éducation. Les diverses notes linguistiques que comprennent les articles du Multi, les tableaux et les encadrés, les conjugaisons, les formes fautives et le renvoi aux formes correctes, tous ces renseignements constituent une riche source d’informations pour tout rédacteur à la recherche d’une réponse fiable et rapide.

Les articles reproduits dans le texte sont copiés du cédérom (version 1.0, 2001) du Multidictionnaire de la langue française de Marie-Éva de Villers, Québec Amérique, 1997, 1532 p. Il se peut que certains signes ou mises en valeur soient modifiés. Ces changements ne nuisent aucunement à la compréhension du texte.

Bibliographie

Première édition : 1988

VILLERS, Marie-Éva de (1988). Multidictionnaire des difficultés de la langue française, Montréal, Québec / Amérique, xxxi-1142 p.

CORBEIL, Jean-Claude (1988). « Préface », Multidictionnaire des difficultés de la langue française, Montréal, Québec / Amérique, p. xi-xiii.

VILLERS, Marie-Éva de (1988). « Introduction », Multidictionnaire des difficultés de la langue française, Montréal, Québec / Amérique, p. xv-xxi.

Deuxième édition : 1992

VILLERS, Marie-Éva de (1992). Multidictionnaire des difficultés de la langue française, Montréal, Québec / Amérique, xxi-1324 p.

CORBEIL, Jean-Claude (1992). « Préface », Multidictionnaire des difficultés de la langue française, Montréal, Québec / Amérique, p. xi-xii.

VILLERS, Marie-Éva de (1992). « Introduction de la deuxième édition », Multidictionnaire des difficultés de la langue française, Montréal, Québec / Amérique, p. xiii-xv.

Troisième édition : 1997

VILLERS, Marie-Éva de (1997). Multidictionnaire de la langue française, Montréal, Québec Amérique, xxiv-1532 p.

CORBEIL, Jean-Claude (1997). « Préface », Multidictionnaire de la langue française, Montréal, Québec Amérique, p. xi-xii.

VILLERS, Marie-Éva de (1997). « Introduction de la troisième édition », Multidictionnaire de la langue française, Montréal, Québec Amérique,p. xiii-xvi.

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