Boite à outils

Barbeau / barbet / barbot / barbote / barbu / barbue

 

Parmi les noms suivants, lesquels désignent des poissons?

  1. un barbeau
  2. un barbet
  3. un barbot
  4. une barbote
  5. un barbu
  6. une barbue

21 avril 2008

Réponse

A. un barbeau

B. un barbet (en France)

D. une barbote

F. une barbue

À retenir

Il y a pour les mots retenus quelques distinctions de sens entre ces deux territoires de la francophonie que sont la France et le Québec. En plus des sources habituellement citées dans nos capsules, soit le Nouveau petit Robert de la langue française (PR) et le Multidictionnaire de la langue française (Multi), nous avons consulté le Dictionnaire québécois d’aujourd’hui (DQA), le Dictionnaire des canadianismes (DC) et le Dictionnaire historique du français québécois (DHFQ). Le DHQF est particulièrement riche en information, les curieux y poursuivront leur lecture avec plaisir.

Barbeau : En France et au Québec, le mot désigne généralement un poisson d’eau douce (PR, DQA, DHQF); le DQA relève aussi son emploi pour désigner « insecte coléoptère, hanneton »; le mot n’est pas recensé au Multi et le DC ne lui donne que le sens « larve d’œstres », une sorte de parasite. Le PR ajoute deux emplois français : « souteneur » (familier et vieilli) et « plante vivace à fleur bleue ».

Barbet : Il s’agit d’une espèce d’épagneul à poil long et frisé (PR, DQA, Multi); en France seulement, le mot désigne aussi un poisson, une sorte de rouget (PR, DQA).

Barbot : Ce mot désigne familièrement au Québec une tache d’encre dans un écrit, une bavure, un « barbouillage ». Le Multi ne le relève pas, contrairement au DQA et au DC. À noter que c’est dans cet article que le DC consigne l’emploi pour « hanneton » (voir barbeau plus haut).

Barbote ou barbotte : Ici, il s’agit bel et bien d’un poisson (Multi, DC, DQHF, PR et DQA), mais pas nécessairement le même des deux côtés de l’Atlantique. Selon le DHFQ, le mot désigne un poisson indigène d’Amérique à tête plate garnie de barbillons et à nageoires épineuses. En France, selon le PR et le DQA, le mot serait une appellation vulgaire (DQA) ou régionale (PR) de la lotte ou de la loche.

Seuls le DC, et surtout le DHFQ, qui donne une définition détaillée accompagnée de plusieurs exemples, relèvent l’emploi « argotique » (DC) de la barbot(t)e comme maison de jeu clandestine. Selon le DHFQ, le mot a d’abord désigné un jeu de dés qui s’est pratiqué illégalement, et c’est par métonymie qu’il en est venu à désigner la maison de jeu clandestine.

Barbu : Le barbu n’offre aucune surprise, il s’agit d’un homme barbu. Le PR ajoute le sens « oiseau des forêts tropicales », qui ne se retrouve pas dans les ouvrages québécois.

Barbue : Si le barbu est un homme, la barbue est incontestablement un poisson de mer à chair délicate (PR, DQA, Multi, DHQF). Original, le DC a cependant comme entrée barbue de rivière, sans donner plus de précision!

Bonne pêche!

Sources

Dictionnaire québécois d'aujourd'hui. Langue française, histoire, géographie, culture générale (1992). Sous la dir. de Jean-Claude Boulanger et sous la superv. d'Alain Rey, Saint-Laurent (Québec), Dicorobert.

DULONG, Gaston (1989). Dictionnaire des canadianismes, Montréal, Larousse.

Le nouveau Petit Robert. Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française (2007), nouvelle éd. millésime 2008, texte rem. et ampl. sous la dir. de Josette Rey-Debove et Alain Rey, Paris, Dictionnaire Le Robert.

POIRIER, Claude (dir.) (1998). Dictionnaire historique du français québécois. Monographies lexicographiques de québécismes, Sainte-Foy (Québec), Presses de l'Université Laval, série « Trésor de la langue française au Québec ».

VILLERS, Marie-Éva de (2003). Multidictionnaire de la langue française, 4e éd., Montréal, Québec/Amérique.

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