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Le MULTI : 20 ans et 5 éditions

« Quand on aime on a toujours 20 ans » : je crois qu’il n’y a pas lieu d’être surpris que ce soit par ces paroles empruntées à une chanson de Jean-Pierre Ferland que l’auteure, madame Marie-Éva de Villers, amorce le dernier paragraphe de son introduction de la cinquième édition de son Multidictionnaire de la langue française, parue en 2009 aux Éditions Québec Amérique. Ce qu’on ressent en effet en utilisant ce dictionnaire, c’est une profonde relation d’amour de l’auteure avec la langue française et le désir manifeste de transmettre cet amour à toutes celles et à tous ceux qui l’utilisent.

Quand on m’a demandé si j’accepterais d’écrire une brève présentation de cette cinquième édition du Multi, je n’ai pas hésité à accepter, en songeant que ce précieux ouvrage a été, depuis sa première édition, mon soutien et ma référence quand il y avait des décisions discutables à prendre dans la correction et le traitement informatique de centaines de textes.

Un certain nombre de lecteurs et de lectrices de cette brève présentation du Multi se rappelleront sans doute que la première édition remonte à 1988 et qu’elle avait pour titre Multidictionnaire des difficultés de la langue française. Pour en savoir davantage sur le Multi, sa genèse, son histoire, la classe de dictionnaires à laquelle il appartient, son originalité, son évolution, etc., consultez la section Autoformation : Multidictionnaire de la langue française.

Bien sûr, on pourrait écrire longuement sur l’évolution du Multi, passé en 20 ans de la naissance à l’âge adulte. Sans viser à être exhaustif, je mentionnerai quelques modifications de la cinquième édition par rapport aux éditions précédentes. Je crois qu’il n’est pas insignifiant de souligner qu’entre la troisième et la cinquième édition, le Multi est passé de 1533 à 1707 pages et de 117 tableaux à 134; il convient aussi de souligner que la nouvelle édition s’est enrichie de 2000 nouveaux articles et que 2500 articles déjà présents dans l’édition précédente ont été enrichis. La cinquième édition intègre davantage de mots et d’expressions propres au français québécois. Bref, il s’agit plus d’additions susceptibles de permettre de réaliser les objectifs initiaux du dictionnaire que de véritables nouveautés. À moins d’erreur de ma part, la seule véritable innovation qu’on y trouve, c’est l’insertion de citations d’auteurs reconnus pour leur connaissance de la langue et d’extraits de la presse écrite française et québécoise venant éclairer les significations de certains mots, en particulier lorsqu’ils ont une acception propre au français du Québec.

Ce qui a fait jusqu’à maintenant la valeur et le succès du Multi et continuera sans doute à y contribuer dans le futur tient principalement à son orientation innovatrice initiale qui a fait que, comme l’écrit M. Jean-Claude Corbeil dans la préface, « il représente un nouveau type de dictionnaire, le dictionnaire pragmatique, qui prend comme angle d’analyse la situation réelle d’une personne au moment d’utiliser la langue, comme point de départ la langue de celle-ci et qui a pour objectif de fournir rapidement des réponses claires et sûres aux questions, doutes ou problèmes susceptibles de surgir en cours de travail. » [p. XI] La présence de tableaux bien faits et simples à comprendre, portant sur des sujets aussi diversifiés que, par exemple, les acronymes et la féminisation des titres, la conjugaison de 76 modèles de verbes, les nombres, les symboles des unités monétaires et les références bibliographiques, jointe à la quantité de renseignements abondants et pertinents qu’on retrouve pour chacune des entrées en font selon moi un instrument incontournable, notamment dans les écoles et dans les bureaux.

En bref, la cinquième édition du Multi gagne encore en facilité de consultation et de repérage des renseignements, elle répond encore mieux aux besoins des utilisateurs et des utilisatrices du français au Québec et maintient le cap sur « le souci […] de fournir à l’usager les renseignements les plus sûrs, de fournir une solution quand les avis sont partagés, non sans savoir qu’il demeure libre de faire ses propres choix, à ses risques et périls, mais, cette fois, en connaissance de cause. » [Préface, p. XII]

Le Multi s’adresse à toute personne qui utilise la langue française, notamment la langue française telle que parlée et écrite au Québec, à toute personne consciente que la langue est, comme parfois la chaussée, pleine de nids-de-poule à éviter, mais soucieuse de produire des textes respectant au mieux les exigences parfois pointues, il faut en convenir, de la langue qui est la nôtre. J’en suis et je terminerai en disant du Multi, mais en l’adaptant, ce que Georges Moustaki chante de la solitude : « Je m’en suis fait presque un ami, une douce habitude. Il ne me quitte pas d’un pas, fidèle comme une ombre. Non, je ne suis jamais seul avec… » mon Multi !

 

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